« L’impact de la pêche sportive au Royaume-Uni sur le bien-être des poissons et la conservation »

Titre original : Impact of UK sport fishing on fish welfare and conservation 

Auteur : Tim Q. Holmes, Biologiste indépendant

Journal : Animal Sentience (revue à comité de lecture)

Date de publication : 2020

 

Résumé de l’article

Il y a des preuves solides indiquant que les poissons ressentent la douleur et sont capables de conscience de soi. La question de l’impact de la pêche sur la condition des poissons a donc une pertinence éthique. Que ce soit avec ou sans remise à l’eau, la pêche porte atteinte aux intérêts des poissons de plusieurs façons :

  • L’hameçon inflige des blessures, en particulier aux yeux et à la bouche. Dans le cas où le poisson est remis à l’eau, sa capacité à se nourrir peut s’en trouver compromise ;
  • Le moment de la capture provoque un stress physiologique intense chez le poisson. En pêche avec remise à l’eau, la mortalité est estimée à 28% en moyenne ; elle est due essentiellement aux blessures et à l’épuisement métabolique consécutif à l’effort fourni par le poisson lorsqu’il tente de s’échapper ;
  • Les filets provoquent des abrasions des nageoires et de la peau, ce qui augmente le risque d’infection chez les poissons relâchés ;
  • Les gaffes (perches munies à leur extrémité d’un volumineux hameçon capable de pénétrer la chair et les os des poissons) peuvent provoquer des douleurs et des saignements importants suivis d’une mort lente par exsanguination ;
  • En pêche avec remise à l’eau, la manipulation des poissons est une source de stress, notamment en raison de l’exposition à l’air lors du retrait de l’hameçon ;
  • En fonction de la méthode de mise à mort utilisée (hypothermie au contact de la glace, asphyxie, exsanguination…), la durée de survenue de l’insensibilité et de la mort est variable. Cela implique que cette durée n’est pas systématiquement minimisée comme elle le devrait ;
  • L’utilisation d’appâts vivants, qu’il s’agisse de poissons, de céphalopodes ou de crustacés, accroit significativement leur souffrance, en lien avec les conditions de détention et de transport et les blessures par hameçonnage.

 

 

Indépendamment des intérêts des poissons, la pêche est responsable d’autres effets négatifs 

  • Pollution environnementale : les déchets et les engins de pêche jetés ou perdus restent sur place pendant des années ; ils dégradent l’environnement et peuvent causer de graves blessures aux animaux sauvages. De plus, les plombs de pêche contribuent à la contamination de l’eau par le plomb.
  • Diminution des populations de poissons : la pêche avec remise à l’eau (no-kill) n’est pas exempte de responsabilité puisqu’elle accroît la mortalité des poissons ;
  • Perturbation de l’habitat et des animaux sauvages : la collecte intensive d’appâts peut réduire le nombre et l’abondance des espèces benthiques animales et végétales. De plus, la pêche en tant qu’activité récréative peut stresser et perturber le comportement des oiseaux.