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PAZ documente les principales étapes de l’empoissonnement dans le but de pêcher : l’élevage, l’empoissonnement et la partie de pêche. C’est la première fois qu’une telle enquête est publiée.

Avec Matthieu Ricard, nous révélons des images tournées en France, juste avant et lors de l’ouverture de la pêche à la truite du 12 mars 2022. On y voit des animaux en grande détresse. 

En France, plus de 5 millions de truites d’élevage sont balancées dans des plans d’eau juste pour être pêchées.

Les empoisonnements sont massifs juste avant l’ouverture de la pêche à la truite. L’ouverture de la pêche à la truite, c’est comme l’ouverture d’un parc d’attraction pour les pêcheurs, ils viennent en nombre parce qu’ils savent qu’ils pourront pêcher facilement des truites d’élevage. Les truites d’élevage sont massivement piégées.

Il est temps de cesser de considérer les poissons comme un stock à gérer en fonction des envies des pêcheurs !

À l’attention des candidat-es à l’élection présidentielle et des Ministres de l’Écologie et de l’Agriculture,

Chaque année, en France, des millions de poissons sont élevés dans le seul but de les déverser dans les rivières, étangs et lacs, juste pour faire plaisir à des pêcheurs. De l’élevage à la partie de pêche en passant par le transport et le déversement, les poissons sont considérés comme des jouets. Leurs intérêts fondamentaux sont niés et ce, juste pour un loisir.

À chaque étape, des poissons souffrent et meurent :

1. L’élevage : densités élevées, qualité de l’eau, environnement pauvre, manipulations, infections fongiques…

2. L’empoissonnement : les poissons sont entassés et transportés dans des camions, ils sont ensuite brutalement balancés à l’eau.

3. La partie de pêche : les poissons sont piégés, extraits brutalement de leur milieu, manipulés. Bien souvent, on les laisse mourir d’asphyxie, ce qui représente une agonie de plusieurs longues minutes.

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Les truites d’élevage ne sont pas “conçues” pour survivre. Comme elles sont issues d’élevage, elles n’ont pas acquis les comportements de survie. Elles sont là juste pour amuser les pêcheurs. Les empoissonnements se font d’ailleurs souvent peu de temps avant l’ouverture de la pêche à la truite pour s’assurer que les pêcheurs aient facilement leur compte de truites. Il arrive régulièrement que l’hameçon soit enfoncé profondément dans la gorge. Les truites sont alors pleinement conscientes. Les pêcheurs tentent alors de retirer l’hameçon avec difficulté alors les poissons souffrent. Il n’est pas exceptionnel que les pêcheurs les laissent mourir d’asphyxie, sans procéder à leur mise à mort rapide.

L’empoissonnement dans le but de pêcher est cruel pour des millions de poissons. Les risques écologiques ne sont pas négligeables.

Les poissons sont des individus doués de sensibilité. Ils ressentent la douleur, le stress, l’anxiété et la peur. Il est temps de cesser de considérer les poissons comme un stock à gérer en fonction des envies des pêcheurs.

Aux côtés de Matthieu Ricard, je demande l’interdiction de l’empoissonnement dans le but de pêcher.

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PAZ a sollicité des spécialistes des poissons (biologie, façons de résister, considération dont ils font l’objet). Des chercheurs en biologie et en sciences humaines analysent les images de notre enquête. Leurs regards complémentaires nous éclairent sur ce que nous faisons endurer aux poissons.

CULUM BROWN est professeur de biologie et cognition des poissons à l’Université de Macquarie (Australie) et responsable du Laboratoire “Behaviour, Ecology and Evolution of Fishes”. Il est rédacteur de la revue Journal of Fish Biology.

LAURENT BÈGUE-SHANKLAND est professeur de psychologie sociale à l’Université Grenoble Alpes et membre de l’Institut Universitaire de France où il travaille notamment sur l’empathie que nous avons pour les poissons. Il est l’auteur de Face aux animaux, Éd. Odile Jacob (2022).

DINESH WADIWEL est un théoricien social et politique australien qui est professeur en droits humains et en études socio-juridiques à l’Université de Sydney (Australie). Ses travaux portent sur les études critiques sur les animaux (critical animal studies), les droits des personnes handicapées et les perspectives théoriques sur la violence. Il est l’auteur de l’article « Do fish resist ? ».

PAZ estime que plus de 5 millions de truites sont élevées en France chaque année pour la pratique de l’empoissonnement dans le but de pêcher.

Dans son enquête Aquaculture 2020, le Ministère de l’Agriculture fournit des chiffres et des données sur les poissons élevés pour l’empoissonnement.

1. PAZ déplore que les institutions quantifient les poissons en poids (l’unité de mesure est la tonne) au lieu de les compter en nombre d’individus (contrairement aux statistiques pour les animaux terrestres d’élevage).

2. Ces données ne font pas la distinction entre l’empoissonnement dans le but de pêcher et le repeuplement. Ces deux pratiques sont similaires mais elles se distinguent par la finalité.

PAZ a donc fait un calcul pour dénombrer en individus les truites élevées en France en 2020. Le Ministère de l’Agriculture fournit un découpage par tranches de poids (calibre). Nous avons pris le poids le plus élevé (par exemple, 500g pour la tranche “moins de 500g”), ce qui signifie que notre chiffre est largement sous-estimé. Cliquez ici pour voir la méthode de calcul.

Empoissonnement, rempoissonnement, déversement, lâcher : la pratique qui consiste à élever des poissons pour les balancer dans les lacs, étangs et rivières est nommée de différentes façons par les pêcheurs et les observateurs.

PAZ choisit d’utiliser le terme “empoissonnement” qui nous apparaît être le plus neutre. 

PAZ refuse d’utiliser la notion de ‘lâcher” souvent appliquée aux truites (“les lâchers de truites”) qui ne décrit pas factuellement la pratique et qui tend à minimiser le vécu des poissons. 

PAZ choisit l’expression familière “balancer à l’eau” pour expliquer l’empoissonnement, parce qu’elle décrit explicitement la brutalité de l’acte et met en relief le fait qu’aucune précaution ne soit prise lorsque les poissons sont mis à l’eau. Cela reflète l’absence totale de considération pour les poissons.   

Ici, il n’est pas question de la pratique de “repeuplement” qui a le même fonctionnement, mais dont le but est écologique : il s’agit de pallier la disparition d’espèces de poissons endémiques menacées. Notons que l’efficacité du repeuplement est sujette à débat (la survie des poissons d’élevage est difficile ; la pollution et la destruction des habitats naturels sont impactants sur l’efficacité) et que cette méthode devrait être assortie d’une interdiction de pêche, sinon elle est absurde.

Dans l’élevage que nous documentons, les conditions de vie des truites sont difficiles. Nous pouvons observer des densités élevées, des blessures aux nageoires, des malformations, certaines en grande détresse, une eau trouble avec des particules en suspension et un environnement pauvre. Nous rappelons le comportement des truites en liberté : un comportement territorial (donc densité très faible), elles se cachent entre les rochers et vivent sous l’ombrage de la végétation, leur environnement est complexe (galets, rochers, graviers, végétation…), elles nagent dans différents types de courants (les rapides)…

Pourtant cet élevage est loin du pire de ce qui se pratique en pisciculture. Par exemple, en 2018, L214 avait dévoilé des images d’un élevage de truites où les densités étaient encore plus élevées et avec des animaux qui allaient à la surface de l’eau pour tenter de respirer. 

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