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La Ménagerie, le zoo du Jardin des Plantes de Paris

Transformons la Ménagerie en un véritable lieu éducatif et scientifique, sans animaux

Notre rôle en tant qu’association est de susciter des débats sur des pratiques qui sont contraires aux intérêts des animaux. Aujourd’hui, nous posons la question de la légitimité du zoo du Jardin des Plantes (pour voir les photos, cliquez ici).

Selon la Ménagerie, en 2019, 1.200 animaux y vivent en captivité sur 5,5 hectares (200 mammifères, 300 oiseaux, 200 tortues, crocodiles, lézards et serpents, 200 amphibiens et 300 insectes, crustacés et araignées). En 2021, ils seraient 500 (certains sont provisoirement dans d’autres zoos suite à des travaux notamment les reptiles, qui doivent revenir en 2026).

Nous souhaitons la fermeture de la Ménagerie du Jardin des Plantes. Les animaux doivent être placés dans des refuges adaptés. Nous demandons la transformation de la Ménagerie en un véritable lieu éducatif et scientifique, sans animaux.

À la Ménagerie, les animaux sont dans des conditions de captivité déplorables en raison, particulièrement, de la vétusté et de l’exiguïté des installations, bien en dessous des ambitions affichées, de manière générale, par les zoos.

Pour signer la pétition, cliquez ici.

Je réagis sur twitter, cliquez ici.

La Ménagerie, le zoo du Jardin des Plantes : le triste témoin d'un passé révolu

Faut-il s’en étonner ? Fondé en 1794, ce zoo public est l’un des plus anciens du monde ; les cages sont d’ailleurs classées monuments historiques. La Ménagerie du Jardin des Plantes n’est plus que le triste témoin d’un passé révolu. La vision des animaux que renvoie la Ménagerie est donc particulièrement désuète : des dizaines de cages exiguës.

Nous devons en finir avec ce rapport aux animaux, voyeuriste et malsain, hérité du colonialisme. 

Les animaux sauvages exotiques nous fascinent et l’industrie de la captivité entretient cette fascination en créant un besoin : voir les animaux de près. Tout n’est que mise en scène. D’une certaine manière, les animaux doivent faire le spectacle. Le public doit les voir en permanence.

La Ménagerie, d'abord et avant tout un lieu de divertissement avec Nénette comme attraction star

Le premier objectif de la Ménagerie est la distraction du public tout en entretenant l’illusion du bien-être animal. Il s’agit en réalité de sacrifier la vie d’animaux pour amuser des humains.

Les animaux sont des attractions et l’attraction star à la Ménagerie, c’est Nénette, orang-outan capturée à l’âge de 3 ans, arrachée de son milieu pour être emprisonnée à la Ménagerie le 16 juin 1972. En 2021, elle fêtera ses 49 ans d’emprisonnement. 

En réalité, vous ne voyez pas des orangs-outans mais des prisonniers qui s’ennuient profondément et qui n’ont pas le comportement d’orang-outans. À la Ménagerie, vous n’allez pas voir des animaux, mais des détenus à vie, qui n’ont pas le comportement de leur espèce.

 

Pour combler le néant et l’ennui profond des animaux, l’industrie de la captivité a mis en place l’“enrichissement” (cordes, nourriture cachée, tissu…) qui ne remplacera jamais la liberté.

Nous sommes persuadées qu’il y a des chercheurs et des soigneurs à la Ménagerie qui éprouvent un malaise à la vue d’oiseaux encagés ou d’orangs-outans en permanence à l’intérieur des cages, derrière des vitres. Nous nous adressons aussi à ces personnes.

La conservation est un alibi

Toute politique de conservation devrait passer par la protection des habitats et la lutte contre le braconnage (deux causes majeures d’extinction des espèces). Les cas de réintroduction sont si rares et anecdotiques qu’on peut dire que la réintroduction est un leurre et un prétexte au maintien d’un système carcéral absurde. Au zoo du Jardin des Plantes, un tiers des espèces animales exhibées seulement sont des espèces en voie d’extinction.

Les zoos français ne contribuent pas de façon significative à la conservation des espèces. Par ailleurs, près de 2 000 pensionnaires sont tués chaque année par les zoos européens (source : EAZA). Les zoos échangent les jeunes individus, afin d’éviter les problèmes de consanguinité (source : AFDPZ)

NOS MOBILISATIONS

Nous manifestons très régulièrement devant l’entrée du Jardin des Plantes pour sensibiliser et faire signer notre pétition.

Le 17 décembre 2020, suite à notre campagne, la Conseillère de Paris Danielle Simonnet a déposé un voeu au Conseil de Paris afin que la Ville de Paris s’engage en faveur de la fermeture de la Ménagerie. Malheureusement, le voeu n’a pas été adopté.

Le 12 juin 2021, nous avons organisé un Marche rassemblant 150 personnes pour Nénette et tous les autres emprisonnés.

Le 3 juillet 2021, nous avons publié une tribune dans Le Monde rassemblant un collectif de scientifiques afin de demander la transformation de la Ménagerie.

Le 14 juin 2024, PAZ se mobilise pour fêter le triste anniversaire de l’emprisonnement de Nénette.

Plus de 100 ans après le poème "La Panthère" de Rilke, la Ménagerie existe encore !

Des personnalités avaient écrit leur tristesse devant le « specacle » du zoo du Jardin des Plantes :

“Son regard est si las de traverser les barreaux qu’il ne fixe plus rien. Pour lui, c’est comme s’il y avait un millier de barreaux, et derrière le néant.” Rilke, La Panthère (1902)

“Vite, quittons cet atèle {primate}, mélancolique démon noir, charmant, qui joint les mains, et prie, sans espoir, derrière les barreaux…” Colette, Bêtes libres et prisonnières (1958)

“Une chose est certaine. La place d’un orang-outan n’est pas derrière une vitre ou les barreaux d’une cage, aussi dorée soit-elle. (…) Savoir qu’il y a quelque part des hardes d’éléphants, de buffles, de girafes parcourant des savanes sans fin, même si je ne dois jamais les voir, me remplit d’une joie intense.” Cavanna, Charlie Hebdo n°801 (2007)

« (…) sous la chaleur caniculaire d’un mois de mai au Jardin des Plantes de Paris, alors que pris d’un malaise soudain je m’étais assis près d’une grande volière non loin du pavillon des fauves où (…) privés de leur raison à force de captivité, les tigres et les lions, sans relâche, des heures durant, rugissaient leurs sombres plaintes. » W. G. Sebald, Austerlitz  (2001)