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Le zoo de Lyon est situé dans le parc de la Tête d’Or. Il s’agit d’un zoo municipal : il relève entièrement de la compétence de la Mairie de Lyon. Créé au milieu du XIXème siècle, il est totalement gratuit et s’étend sur 8 hectares. Près de 400 animaux y sont emprisonnés.

ARGUMENT 1 : Les animaux sauvages n’ont pas leur place en captivité
C’est un fait scientifique : même nés en captivité, les animaux sauvages ont le même patrimoine génétique que leurs congénères libres et ont donc les mêmes besoins. Ainsi, placer en captivité des animaux sauvages, comme des girafes, des singes ou des panthères, est contraire à leurs besoins fondamentaux à plusieurs égards : climat, espace, dépense physique… Cela explique que, dans les zoos, il est fréquent d’observer des troubles du comportement. Appelés stéréotypies, les mouvements répétés et sans but apparent, comme le fait de faire des allers-retours incessants ou de tourner continuellement en rond, démontrent un ennui et un mal-être profond.

 

ARGUMENT 2 : Non, les zoos ne sont pas une solution pour protéger les espèces menacées
Les zoos justifient leur existence par la sauvegarde des espèces menacées. Allons-nous enfermer tous les animaux de la terre ? Cela n’a pas de sens. Certains zoos se targuent de réintroduire des animaux captifs dans leurs milieux naturels. Mais dans la réalité, les cas de réintroduction sont anecdotiques. Pourquoi ? Tout simplement parce que les animaux nés en captivité ne sont pas en capacité de survivre en liberté. De plus, une espèce est menacée parce que nous détruisons son habitat et/ou que nous la chassons. Par exemple, les girafes voient leur principale source de nourriture, les acacias, détruite par l’agriculture, et sont victimes de la chasse pour leur viande et leurs os (trafic international). Emprisonner des animaux ne règle rien à ces problèmes ! Pour les animaux, c’est la double peine : parce que nous les tuons et détruisons leurs habitats, nous nous permettons de les enfermer. De plus, les zoos, comme le zoo de Lyon, emprisonnent de nombreux animaux n’appartenant pas à des espèces menacées. C’est le cas des flamants. La présence quasi systématique de cette espèce dans les zoos français doit nous pousser à nous interroger sur le but réel de ces lieux. Non, les parcs zoologiques n’ont pas vocation à s’assurer que les girafes ou les panthères de l’Amour ne s’éteignent pas ; ils cherchent avant toute chose à divertir le public en présentant une collection d’animaux la plus grande et impressionnante possible. Ne serait-il pas temps de considérer les animaux autrement que comme des objets de divertissement ?

ARGUMENT 3 : L’évolution est possible et réclamée
À l’heure où la condition animale est un sujet de préoccupation majeure des Françaises et des Français, enfermer des animaux dans des conditions incompatibles avec leurs besoins apparaît absurde et cruel. D’autant plus que l’activité du zoo de Lyon est financée par de l’argent public ! Des millions d’euros sont ainsi gaspillés pour le fonctionnement courant mais aussi pour des travaux qui, même si les sommes allouées sont considérables, ne permettent pas de répondre aux besoins fondamentaux des animaux sauvages. Quelles politiques publiques d’intérêt général auraient pu être menées avec les 4,7 millions d’euros attribués au zoo pour la construction du nouvel espace « forêt d’Asie » ? Nous demandons à la Ville de Lyon de tourner définitivement la page de la captivité des animaux sauvages. Ces animaux doivent être placés dans des refuges. Cela est possible : Strasbourg et Nancy l’ont déjà fait !

 

Photo : PAZ, prise au zoo de Lyon en 2023.

Les girafes
Les girafes sont très stressées par les bruits en captivité. Certains zoos sont obligés d’organiser des séances de désensibilisation sonore. De plus, étant des proies, elles ont besoin de pouvoir fuir les dangers potentiels, mais c’est totalement impossible dans les petits enclos des zoos. Rien ne pourra remplacer l’environnement complexe et le climat chaud dont elles ont besoin.

Les flamants roses
Ces grands oiseaux, pour la majorité d’entre eux, migrent deux fois par an. Mais dans les zoos, comme c’est le cas à la Tête d’Or, ils ne sont généralement pas présentés dans des cages. En effet, pour les empêcher de voler et donc de s’évader, une partie de leurs ailes est coupée. Cette pratique, appelée éjointage, est pour un oiseau une véritable mutilation.

Photo : PAZ, prise au zoo de Lyon en 2023.

Les chats des sables
En captivité, les chats des sables sont très sensibles aux maladies respiratoires et à l’infection des voies respiratoires supérieures ; ils peuvent en mourir. En effet, ils sont adaptés à un climat aride et ne supportent pas l’humidité de nos régions.

Les panthères de l’Amour
En liberté, le territoire de la panthère de l’Amour s’étend sur plusieurs dizaines de kilomètres carrés. Au zoo de Lyon, elles sont enfermées dans un enclos de quelques dizaines de mètres carrés… Leur souffrance est palpable : PAZ a filmé l’une d’elles exprimant des stéréotypies. 

Les sakis à face blanche
Ces singes passent leur journée à se déplacer d’arbre en arbre pour trouver leur nourriture. En captivité, il leur est impossible de réaliser ce comportement. À Lyon, ils sont enfermés dans un enclos minuscule, incomparable au vaste territoire dont ils disposent en liberté.

Entretien avec la Mairie de Lyon et analyse des documents administratifs
Lors d’un entretien avec Monsieur Gautier Chapuis, Adjoint délégué à la condition animale de Lyon, nous avons expliqué nos demandes concernant le zoo du parc de la Tête d’Or. Nous avons également présenté notre analyse des documents administratifs du zoo (pourcentage d’individus issus d’espèces menacées vs. issus d’espèces non menacées, causes de la mort de certains animaux…), que la Mairie nous avait transmis suite à notre demande.

 

Sensibilisation de tous les élu-es municipaux
En février 2024, nous avons adressé une brochure expliquant pourquoi nous demandons la fin de la captivité des animaux sauvages, à tout-es les Conseillères et Conseillers du Conseil municipaux de Lyon. Elle a aussi été envoyée aux élu-es de l’arrondissement du parc de la Tête d’Or, le 6ème, et aux Député-es de Lyon.

Action originale pour sensibiliser le public
En mars 2023, PAZ a organisé une action originale. Pour sensibiliser les visiteurs et visiteuses du zoo, nous avons recouvert les panneaux devant les enclos de certains animaux. Le but : expliquer en quoi ces animaux n’ont pas leur place en captivité et pourquoi l’argument de la sauvegarde des espèces, mis largement en avant par les parcs zoologiques, n’est en réalité qu’une (fausse) excuse pour faire perdurer ces lieux de loisir au détriment des animaux. Des médias ont couvert notre action (Le Progrès, BFMTV).