II) Un registre incomplet et préoccupant
- Les causes de la mort : une information primordiale absente
Dans le registre des mouvements d’animaux, du 10 février 2025 au 10 février 2026 qui a été transmis à PAZ par la DDPP, certaines causes de la mort ne sont pas détaillées. S’agit-il d’une volonté de cacher certaines informations à l’association, car certaines causes de mortalité sont explicitées et d’autres non ?
Notons que la métropole du Grand Nancy ne respecte pas la réglementation puisque si l’information existe, la métropole est tenue de la transmettre conformément au Code des relations entre le public et l’administration. L’arrêté du 8 octobre 2018 impose de tenir un registre des animaux décédés et d’y indiquer les causes de la mort.
- Les origines des animaux captifs sont multiples
Dans le registre des mouvements d’animaux, certaines entrées sont alarmantes comme des dons de particuliers et de professionnels, des captures, des achats (grossiste européen en aquariophilie). Les dons viennent notamment de l’aquarium de Dunkerque, de l’aquarium d’Amnéville et de celui de la Citadelle de Besançon.
Le Muséum-Aquarium de Nancy fait également de la reproduction puisque des naissances sont notées dans le registre.
Plusieurs sorties d’animaux sont aussi inquiétantes comme des dons, des disparitions sans explication, des décès dont les raisons sont diverses mais confuses : coincé dans une surverse du bassin, cause inconnue, accident souvent lié à une hausse de salinité, accident technique, prédation, post-reproduction, consécutif à des blessures, parasitose, maladie, anoxie, sauté du bac, « euthanasie », « euthanasie pour régulation », conflit intraspécifique, mort pendant le transport, par pollution (algues dans l’aquarium).
III) La conservation des espèces est un prétexte : 92 % d’individus non menacés de disparition
L’inventaire des animaux transmis est daté du 1er avril 2026 et liste 2 895 animaux (hors coraux) de 246 espèces différentes, dans 45 aquariums. Seulement 223 d’entre eux sont menacés. 92 % des animaux ne font alors pas partie d’espèces menacées de disparition (Gobie néon, Poisson-clown bistré, Chirurgien à poitrine blanche, Poisson-papillon, Raie à points bleus, Labre nettoyeur, Flet, Tacaud, Bécasse de mer, etc). Le Muséum-Aquarium de Nancy ne fait pas exception : dès lors que l’on décortique les registres des zoos, on découvre que la majorité des animaux détenus ne sont pas menacés alors que ces institutions prétendent emprisonner des animaux dans le but de préserver des espèces (non pas pour faire du profit ou pour divertir). La réalité est que si les justifications ont évolué au cours de l’histoire pour faire face aux évolutions de la société, les fondements restent les mêmes : avoir une collection d’animaux qui soit la plus grande, la plus belle et la plus impressionnante possible. Si le sujet de l’histoire des zoos vous intéresse, nous vous conseillons les travaux de Violette Pouillard et Éric Baratay. Vous pouvez voir la conférence organisée par PAZ à Lyon.
IV) Un état des dépenses partiel
Dans l’état des dépenses transmis par la métropole, le Muséum-Aquarium a dépensé en 2023 la somme de 1.168.055€, et en 2025 la somme de 909.016€. Ces dépenses comprennent l’eau, l’électricité, le chauffage du bâtiment, les produits de traitement pour les aquariums, l’analyse de l’eau, l’alimentation, la maintenance des aquariums ainsi que les dépenses liées à l’achat d’animaux. Mais les charges de personnel (salaires) ne sont pas prises en compte, ce qui constitue généralement le premier poste de dépenses.