« Il y a une même souffrance. Quand par exemple, un attelage est bombardé, tout est broyé. On n’arrive plus à faire la distinction entre les corps animaux et les humains. La communauté de destin frappe aux yeux sur un champ de bataille. On entend autant les hommes que les animaux crier » décrit Eric Baratay (1).

Devoir de mémoire

À l’occasion de l’anniversaire du centenaire de l’armistice de la Première Guerre mondiale, notre association Paris Animaux Zoopolis demande la création d’un monument à Paris en mémoire aux animaux de guerre morts sur les champs des batailles français quelque soit le commandement des troupes alliées ou ennemies, en particulier pendant la Grande Guerre.

À Paris, il n’existe aucun monument ou plaque commémorant la participation et le sacrifice des animaux de guerre.
Le 25 avril 2018, nous avons adressé notre demande à la Maire de Paris (adjointe – ”Mémoire, Monde Combattant et Correspondant Défense”) et à la Ministre des Armées. 30 associations de protection animale soutiennent notre démarche, à travers un courrier collectif en date du 15 mai 2018 adressé aux 3 élues citées précédemment.

Dans un courrier sans ambiguïté en date du 14 juin 2018 adressé à la Maire de Paris, l’association mémorielle Le Souvenir Français a fait part de son « soutien plein et entier » vis-à-vis de notre demande.

Les animaux dans la Grande Guerre

Les animaux ont été massivement réquisitionnés pour les besoins de la guerre. Ils n’ont pas eu le choix. Dans le monde, onze millions d’équidés (chevaux, ânes et mulets), 100.000 chiens, 200.000 pigeons, notamment, ont été utilisés pour porter, tirer, guetter, secourir ou informer au cours de la Grande Guerre (1). En France, un quart des chevaux ont été réquisitionnés pour les besoins de la guerre.
Il est important que la France reconnaisse, par l’édification d’un monument mémoriel, le rôle majeur et les souffrances des animaux utilisés pour la Grande Guerre.
Il convient aussi de se souvenir des animaux sauvages, morts sur les champs de bataille des deux guerres mondiales, victimes anonymes des bombardements, habitants des forêts et prairies transformées en charniers par les obus et les mines.

Les guerres ne sont pas seulement des tragédies humaines ; elles sont aussi des tragédies animales !

À l’étranger, plusieurs capitales, comme Londres (photo ci-dessous), Canberra, Ottawa et Bruxelles, ont rendu hommage aux animaux de guerre en leur consacrant des monuments.

Mairies des 13e et 14e arrondissement

À la suite de nos échanges, la Mairie des 13e et 14e arrondissements de Paris, sur proposition du groupe écologiste, va se saisir de cette question. En effet, le siège du dépôt de remonte de Paris – établissement dont la tâche principale était de fournir des chevaux pour les unités militaires – était établi dans le 14e arrondissement. Par ailleurs, il y avait des réquisitions de chevaux boulevard Arago dans le 13e arrondissement. Un projet de plaque commémorative a été soumis au Conseil de ces deux arrondissements lors de leur réunion du 22 mai 2018. Le 14e a voté en faveur mais le 13e s’y est opposé.

Au Conseil de Paris

La Conseillère de Paris Danielle Simonnet et le Maire du 2e arrondissement de Paris Jacques Boutault du Groupe Ecologiste de Paris ont déposé des voeux visant l’édification à Paris d’un monument en hommage aux animaux de guerre. Lors du Conseil de Paris du 3 juillet 2018, l’exécutif a rejeté ces voeux en considérant que l’édification d’un tel monument incombait à l’Etat. Une nouvelle fois, la Ville de Paris se défausse sur l’Etat quand il s’agit des animaux (déjà, l’exécutif avait invoqué l’absence de pouvoirs de police (attribués à la préfecture de police de Paris) pour refuser d’interdire, sur son territoire, les cirques présentant des spectacles avec animaux).

Le 4 juillet 2018, nous avons lancé une pétition.

Paris

 

(1) BARATAY Eric, Bêtes des tranchées, Des vécus oubliés, CNRS EDITIONS, 2013.

 

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