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Analyse de l’étude du CNC sur la présence des animaux dans les films

PAZ a sollicité un entretien avec le CNC avant d’écrire cet article. À la demande du CNC, nous avons fait part de nos remarques par écrit. Une réunion est prévue avec le CNC en septembre 2026.

Le 16 juillet 2026, le CNC a publié une étude ayant pour titre “Les animaux dans les films d’initiative française agréés”.

Les films français de 3 années différentes (2015, 2019, 2024) ont été regardés.

 

Tout d’abord, précisons que le CNC a choisi de publier un résumé de l’étude, il n’y a pas le détail. Par exemple, la liste exhaustive des films, avec, pour chaque film, une liste des espèces et le nombre d’animaux exploités, est fondamentale pour vérifier la véracité des informations données dans le résumé de l’étude. PAZ a demandé ces informations au CNC. À ce jour, nous ne les avons pas reçues.



De manière générale, PAZ s’interroge sur la méthodologie choisie : en regardant un film, y compris le générique, il est impossible d’affirmer si les animaux sont filmés en liberté, s’ils sont captifs et dressés ou s’il s’agit d’effets visuels.

 

La seule solution fiable est de demander explicitement aux productions. Ce que le CNC ne semble pas avoir fait.

Pour établir un inventaire sérieux et proche de la réalité tout en limitant les dépenses du CNC, PAZ demande au CNC de conditionner les financements CNC à une déclaration AVANT et APRÈS la sortie du film des animaux présents sur le tournage avec les mentions suivantes : 

  • espèce (sauvages et domestiques)

  • nombre

  • rôle principal / secondaire

  • dresseur / image de synthèse ou banque d’images (nom)

  • si animal mort sur le tournage.

 

PAZ l’a proposé à plusieurs reprises au CNC ainsi que lors d’une audition 2025 au Sénat en présence du CNC.

 

Nos critiques s’articulent autour de 3 points.

 

  1. Méthodologie de l’étude

L’étude du CNC a déterminé pour chaque film si les animaux sauvages utilisés pour le tournage sont captifs ou libres. Sur quoi se sont-ils basés ? De manière générale, il est impossible d’avoir cette information seulement en regardant le film et le générique. 

Filmer un ours libre ou un manchot libre pour un tournage est difficile et coûteux, ce sont des animaux sauvages rares à observer dans leur habitat naturel tandis que l’industrie captivité animale met à disposition facilement ces mêmes espèces.

Un exemple connu d’animaux sauvages filmés libres dans leur habitat est “La Panthère des neiges” de Vincent Munier et Marie Amiguet.



De surcroît, dans le film “Mon ami le petit manchot” sorti en 2024, nous savons que de vrais manchots captifs ont été utilisés pour le tournage, donc comment expliquer le fait que dans l’étude les manchots se situent dans la catégorie “animaux sauvages libres” ? 

 

Dans le film “Rendez-vous avec Pol Pot”, un crocodile captif a également été utilisé mais il apparaît dans la catégorie “animaux sauvages libres”.

 

2. Des erreurs factuelles : ce que le CNC nomme espèces animales

Dans l’étude, le CNC nomme comme  espèces : “singes”, “oiseaux”, “serpents”, “poissons”, “reptiles”, “insectes”, “batraciens”, “rapaces”, “crustacés”. Or il ne s’agit pas d’espèces mais de classes, familles, sous-ordres….

 

Le CNC considère l’ensemble des oiseaux comme une seule espèce, alors qu’il en existe plus de 11.500 

Même remarque pour les poissons qui regroupent 38.000 espèces..

 

Comparer le nombre de chiens avec le nombre d’oiseaux en les mettant sur un podium est absurde.

 

De plus, le CNC utilise les termes “gibier” et “volailles” comme des espèces. Ces termes ne sont en aucun cas des notions scientifiques. Il s’agit de termes péjoratifs qui expliquent l’utilisation des animaux par les humains (un point de vue utilitaire). 

 

Soulignons que le terme “volaille” fait référence à un oiseau dit d’élevage dans le but d’être mangé. L’étude du CNC oppose ce terme à celui d’oiseau, alors même qu’il s’agit de la même classe. Cette séparation fausse les résultats des statistiques de l’étude.

Les classifications “animaux domestiques” et “animaux sauvages” reposent sur la réglementation française.

La liste présente dans l’étude comporte de nombreuses erreurs. À titre d’exemple : 

  • Les autruches sont des animaux sauvages alors qu’ils sont classés comme domestiques par le CNC ;

  • Les hérissons sont des animaux sauvages, également classés comme domestiques par le CNC ;

  • Il existe des oiseaux domestiques et des oiseaux sauvages, mais l’étude du CNC ne fait pas de distinction ;

  • Il existe des poissons domestiques et des poissons sauvages.

 

Dans l’étude du CNC, un chien (croisé berger) est cité comme étant une espèce vulnérable. Mais la liste rouge de l’UICN ne comporte pas de chien croisé berger (contrairement au chien sauvage d’Asie ou Dhole ou encore au chien sauvage d’Afrique ou Lycaon).

En rouge, des erreurs (liste non exhaustive).

 

Le terme “vol d’oiseaux” ne veut pas dire qu’il s’agit automatiquement d’animaux sauvages libres, d’animaux domestiques ou encore d’animaux sauvages captifs. Par exemple, dans un film, des rapaces (oiseaux sauvages) captifs dressés peuvent voler dans le ciel. Il s’agira d’oiseaux tenus captifs à vie, dressés et utilisés pour des tournages.

 

3. Le film “Bambi, l’histoire d’une vie dans les bois” sorti en 2024

Nous nous interrogeons sur l’absence du film “Bambi, l’histoire d’une vie dans les bois” sur les podiums de l’étude, à minima sur le podium des espèces. Les animaux présents dans ce film ont-ils été comptés en animaux sauvages libres ?

 

Dans le film “Bambi, l’histoire d’une vie dans les bois”, nous estimons qu’il y a environ 15 espèces différentes et une centaine d’individus (qui sont des animaux sauvages captifs et dressés).

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