Stop aux idées reçues sur les rapaces
Idée reçue 1 / “Les rapaces sont nés en captivité, ils y sont habitués.”
Même nés en captivité, les rapaces ont un patrimoine génétique identique à leurs congénères libres (voir l’intervention de la vétérinaire Monique Bourdin). Ils ont donc les mêmes besoins notamment celui de se mouvoir librement ce qui ne peut pas être le cas en captivité où ils sont attachés et détenus en cages ou en volières toute leur vie.
Les pygargues à tête blanche peuvent par exemple voler jusqu’à 70 km : comment imaginer qu’ils puissent s’épanouir en captivité, ou lors de spectacles où ils sont contraints à des vols chorégraphiés de quelques dizaines de mètres ?
Enfermés à vie, les rapaces essayent souvent de s’enfuir comme nous avons pu le constater à de nombreuses reprises. Privés dans leur liberté de mouvement, attachés, il est fréquent de constater des stéréotypies (troubles du comportement) chez les animaux sauvages captifs, preuve d’un état d’anxiété chronique.
En outre, certains spectacles mettent en scène des animaux nocturnes comme des chouettes ou des hiboux. Ces animaux sont alors contraints de rester éveiller pour les animations.
Idée reçue 2 / “Les oiseaux sont habitués à l’humain, leur dressage n’est pas brutal.”
La base du dressage des rapaces est la restriction de nourriture. Les fauconniers sont d’ailleurs sans cesse en train de peser les animaux. En effet, c’est uniquement parce qu’ils ont faim que les oiseaux reviennent manger dans la main du fauconnier lorsque ces derniers les détachent le temps d’un numéro.
Le poids “optimal” pour que le rapace ait suffisamment faim pour venir manger dans le poing de son dresseur porte même un nom : le “poids de vol”, qui correspond à une perte de 20% de la masse corporelle du rapace comme l’expliquent Les Effaroucheurs du Ciel sur leur site (consulté le 03/08/23).
Ce n’est pas parce que les dresseurs ne frappent pas leurs animaux que leurs techniques de dressage ne sont pas brutales : affamer un animal est une pratique de dressage brutale.
Idée reçue 3 / “Les dresseurs aiment leurs rapaces.”
Quand on aime les animaux, on ne les enferme pas, on ne les met pas en cage, on ne les dresse pas, on ne les affame pas. Il ne faut pas confondre aimer et posséder. Nous encourageons les passionné-ess de rapaces à les voir évoluer librement dans la nature.
Avoir la chance de pouvoir observer ces oiseaux majestueux, avec des jumelles, en milieu naturel provoque une toute autre source de satisfaction que de voir des animaux sauvages enchaînés et réduits à voler au-dessus du public pour obtenir de la nourriture.
Idée reçue 4 / “Les fauconniers sauvent et soignent des rapaces blessés.”
Il y a une différence majeure entre sauver un animal sauvage en le soignant puis le relâcher, et l’enfermer à vie pour un business. D’ailleurs, les rapaces utilisés pour les spectacles sont nés en captivité pour être habitués à l’humain dès les premiers jours et ne sont pas des animaux sauvés d’accidents.
En France, il existe des centres de soins pour les animaux sauvages qui récupèrent des animaux blessés ou malades dans le but de les relâcher dans leurs habitat. Ce sont des associations sans but lucratif qui disposent d’une expertise en matière de santé animale et sont extrêmement vigilantes à ce que les animaux sauvages soient le moins possible en contact avec les soigneurs pour éviter qu’ils ne deviennent dépendants des humains pour vivre et pouvoir les relâcher dans leur milieu.
Idée reçue 5 / “Les spectacles de rapaces existaient au Moyen Âge.”
Il est important de distinguer la chasse avec des rapaces et les spectacles de rapaces.
Au Moyen Âge, les seigneurs utilisaient des rapaces pour la chasse. C’est ce qu’on appelle la fauconnerie, au sens propre du terme.
Toutefois, aucun élément historique n’atteste qu’il existait, au Moyen Âge, des animations de rue ou spectacles de rapaces tels que proposés actuellement dans les fêtes médiévales (comme faire voler un oiseau quelques mètres au-dessus d’une foule ou le faire marcher sur les bras d’enfants du public). Par ailleurs, il est certain qu’il y avait des montreurs d’ours au Moyen Âge. Pourtant, les fêtes médiévales qui en programment aujourd’hui sont extrêmement rares. C’est une excellente chose car la tradition – ou le folklore – ne peuvent en aucun cas justifier, sur le plan éthique, l’asservissement d’animaux sauvages.
Idée reçue 6 / “Les spectacles de rapaces sont indispensables aux programmes des fêtes médiévales.”
C’est absolument faux. D’ailleurs, en 2023, deux tiers des fêtes médiévales françaises (200 sur 300) ne programment pas de spectacle avec des animaux sauvages. La fête n’en est que plus belle. Contes, troubadours, scénettes itinérantes, tour d’escalade pour les enfants, jeux en bois, compagnie de mercenaires, campement médiéval au pied des murailles, démonstrations de duels à l’épée… de nombreuses activités permettent de revivre cette époque sans faire souffrir les animaux. De plus en plus de Français-es sont aujourd’hui opposé-es aux spectacles avec des animaux sauvages. Or le but d’une fête n’est pas de mettre mal à l’aise une partie du public !
Idée reçue 7 / “Les spectacles de rapaces sont autorisés par la loi.”
La loi de 2021 contre la maltraitance animale à laquelle PAZ a activement contribué indique que “Sont interdits, dans les établissements itinérants, la détention, le transport et les spectacles incluant des espèces d’animaux non domestiques. Cette interdiction entre en vigueur à l’expiration d’un délai de sept ans à compter de la promulgation de la loi n° 2021-1539 du 30 novembre 2021 précitée.”.
Les rapaces et les perroquets étant des animaux non domestiques, ils sont donc concernés par la loi. L’interdiction des spectacles itinérants de rapaces entrera en application le 1er décembre 2028. PAZ se mobilise pour que les fêtes (médiévales notamment) anticipent la loi en refusant de programmer dès aujourd’hui des spectacles avec des animaux sauvages. En savoir plus sur notre campagne.






