La pêche au vif est sans doute l’une des pires formes de pêche. Pour la première fois en France, notre association révèle des images sur cette pratique (tournées à Paris et dans le sud de la France).

La pêche au vif : quésako ?

Il s’agit de planter un hameçon dans le dos ou la bouche d’un vertébré (notamment des poissons mais aussi des petits mammifères ou des amphibiens) afin d’attirer son prédateur qui mordra à l’hameçon. Le poisson transpercé vivant peut souffrir pendant des heures et à l’approche du prédateur, paniquera sans issue possible.

À cela s’ajoute l’extraction brutale de l’eau, à la fois du « vif » et du prédateur, inhérente à toute forme de pêche. Cet arrachement à leur milieu provoque la suffocation des poissons, ce qui les terrorise.

La pêche au vif permet notamment de pêcher des brochets, black bass, silures, sandres, perches… Les poissons vifs sont notamment les très jeunes poissons, goujons, ablettes, chevesnes, tanches… Des gros vifs sont également utilisés pour la pêche du silure. 

La souffrance des « vifs »

Les poissons appâts, appelés « vifs », sont pêchés en amont et sont maintenus vivants dans des petits volumes d’eau (« seaux à vifs ») pendant plusieurs heures, voire plusieurs jours. Ces conditions sont douloureuses et stressantes pour les poissons (voir nos images).  Ils peuvent être déplacés sur d’autres plans d’eau, ce qui – au delà de la souffrance liée au transport – peut engendrer des problèmes sanitaires (propagations potentielles de virus, parasites, bactéries…).

L’interdiction de la pêche au vif

Cette pratique archaïque et cruelle n’a plus sa place dans notre société. 

D’ailleurs, l’Allemagne, l’Autriche (dans la majorité des Länder), l’Ecosse, l’Irlande (en eau douce) ou la Suisse notamment l’ont déjà interdite.

Nous demandons son interdiction en France, c’est-à-dire l’interdiction de l’utilisation de vertébré vivant comme appât.

Agissez en signant notre pétition, cliquez ici.

Photos : Ludovic Sueur

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Les poissons sont des individus sensibles

L’état des connaissances scientifiques démontre la capacité à ressentir la souffrance des poissons, leur richesse émotionnelle et la complexité de leur vie sociale (sources en bas).

L’INRA a travaillé sur la conscience animale. Dans son résumé de l’expertise scientifique collectiv(mai 2017), il est notamment question des poissons en ces termes :

Les cerveaux d’oiseaux et de poissons ont des structures homologues à celles des mammifères, qui leur permettent vraisemblablement d’éprouver consciemment la douleur.(page 7) 

“De nombreuses espèces animales, y compris les poissons, sont capables des mêmes processus cognitifs d’évaluation que ceux connus pour déclencher des émotions chez les humains, tels que l’anticipation d’un événement, l’élaboration d’attentes et la capacité d’agir sur l’événement déclencheur, voire de le contrôler. » (page 50)

“Les oiseaux, les poissons et les reptiles auraient au moins un certain niveau de conscience et de douleur. » (page 93)

Pourtant, en France, il n’existe aucune réglementation visant à limiter la souffrance des poissons (pêche de loisir ou professionnelle).

 

Sources

La conscience animale, Résumé de l’expertise scientifique collective, INRA, Mai 2017

Sur la souffrance des poissons :

Les poissons ont au moins 22 nocicepteurs sur le visage (voir l’étude) .

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